Le rôle des écosystèmes d’innovation métropolitains

Reconnaître le rôle des écosystèmes d’innovation métropolitains comme points d’appui des stratégies régionales et de la stratégie nationale d’innovation

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La question de l’articulation entre une politique publique impulsée par l’État au niveau national et la politique conduite par les régions et les métropoles est centrale : la politique publique doit reconnaître que l’innovation se développe dans des territoires avec chacun leurs spécificités (histoires, acteurs, domaines de compétences…). Pour autant, définir une politique publique en faveur de l’innovation nécessite une approche globale et cohérente au niveau national tout en tenant compte des rôles et spécificités des dynamiques territoriales.

En cela, les écosystèmes d’innovation métropolitains constituent des points d’appui incontournables des stratégies régionales et nationale d’innovation grâce à l’association des approches globale et territoriale.

 

Une innovation stimulée par les écosystèmes locaux

Les écosystèmes innovants sont particulièrement encouragés à l’échelle de certaines métropoles, ancrés sur un territoire. Dès lors, ces écosystèmes locaux inscrivent leur action dans le cadre de la stratégie de la région à laquelle ils appartiennent. Dans le même temps, leurs secteurs économiques les positionnent au sein de filières à l’échelle suprarégionale, avec un rôle structurant pour les pôles de compétitivité. C’est le cas par exemple de Sophia Antipolis (Alpes Maritimes), la technopole la plus importante de France. La « Silicon Valley française », devenue pôle de compétitivité à vocation mondiale, regroupe plus de 1 400 entreprises (dont 18 centres de recherche) et près de 30 000 emplois directs en recherche scientifique de pointe dans le domaine des technologies de l’information et de la communication (TIC), du multimédia, des sciences de la vie (médecine et biochimie), de l’énergie, de la gestion de l’eau, des risques et du développement durable.

Ces mêmes écosystèmes d’innovation, rassemblant entreprises innovantes, acteurs de l’enseignement supérieur, laboratoires de recherche, acteurs du capital-risque… sont donc par nature ancrés dans un territoire. Leur organisation, leur structuration et leur animation se font en conséquence à cette échelle. Pour se doter d’une stratégie nationale d’innovation forte, considérer ces écosystèmes locaux comme points d’appui est donc vital.

 

L’indispensable rôle des pôles de compétitivité régionaux 

Les pôles de compétitivité jouent à eux seuls un rôle essentiel d’animation et de structuration de leurs filières respectives. À cet égard, il est indispensable de leur garantir les moyens qui leur sont consacrés (fonctionnement des pôles, Fonds Unique Interministériel, Programme d’Investissements d’Avenir…).

Ainsi, Toulouse et son pôle de compétitivité mondial Aerospace Valley associe les régions Midi-Pyrénées & Aquitaine, constituant ainsi avec plus de 120 000 emplois industriels, le premier bassin d’emplois européen dans le domaine de l’aéronautique, de l’espace et des systèmes embarqués.

On voit donc bien que même si le pilotage des pôles de compétitivité s’inscrit naturellement dans les stratégies régionales, leurs enjeux et impacts sont bien souvent suprarégionaux voire internationaux. En outre, la mobilisation des expertises et des compétences transversales (mise en réseau, incubation, accès au financement, accompagnement à l’international…) est un facteur clé de leur réussite.

 

Dans tous les cas, une dimension reste critique : développer un environnement qui encourage et facilite la culture du risque et de l’entreprenariat.