Économie collaborative : quand les intérêts locaux et nationaux s’opposent

L’économie collaborative englobe les diverses formes de consommation collaborative, les modes de vie collaboratifs, le financement collaboratif, la production contributive et la culture libre en général. C’est une économie entre personnes, avec la plateforme numérique comme intermédiaire. Tendance de fond suite à la crise, à l’avènement du numérique et aux préoccupations environnementales, elle pourrait bien être la genèse d’une économie circulaire au niveau local. C’est néanmoins parce qu’elle rend le modèle économique actuel obsolète que l’Etat oppose des obstacles à sa croissance. Comment expliquer son succès auprès des consommateurs ? Quels sont les freins à son développement ? InnovationWeek fait le point sur ces questions.

 

Quels secteurs pour l’économie collaborative ?

Dans les médias, nous avons beaucoup entendu parler de l’économie collaborative dans les transports avec notamment Uber et Blablacar. A tel point que le terme Uberisation a fini par envahir nos timelines et  remplacer l’économie collaborative et la disruption technologique. Pourtant, l’économie collaborative touche de nombreux secteurs : du Logement (habitat collectif, location entre particuliers, échanges, achats participatifs, couchsurfing) à l’Alimentation (AMAP, plats cuisinés pour les voisins) en passant par les Biens (troc de livres et de vêtements, vélo-partage) et les Services (entraide entre particuliers, courses, bricolage, dépannage, soutien scolaire) et même la Finance (crowdfunding, prêt d’argent de pair à pair, monnaies alternatives) !

Cartographie de l’économie collaborative par secteur

Cartographie de l’économie collaborative par secteur par Crowd Companies

 

Economie traditionnelle VS économie collaborative

Aussi prometteuse qu’elle soit, l’économie collaborative est aujourd’hui à contre-courant de l’économie traditionnelle car cette dernière repose sur une autre façon d’organiser la richesse : producteurs, réseaux de distribution et consommateurs sont séparés et régulés. L’économie collaborative supprime ces intermédiaires au profit de l’expérience et de la satisfaction du consommateur. L’Etat lui, assure son financement par les taxes et impôts prélevés sur cette organisation traditionnelle de l’économie. Avant de s’intéresser au potentiel de l’économie collaborative au niveau local, l’Etat se préoccupe plus de sa taxation, freinant son développement et s’assurant des revenus futurs si elle devenait un modèle de société pérenne.

 

Les 4 modèles principaux de l'économie collaborative

 

L’exemple d’Airbnb

Le Sénat est actuellement en train de voter un permis de louer dans les grandes villes françaises qui deviendrait obligatoire pour pouvoir proposer son logement sur Airbnb. Une décision vivement critiquée par les consommateurs et par le géant de la location d’appartements entre particuliers, qui vient de lancer une pétition contre cette mesure.

 

Au niveau local, une chance pour nos régions

L’économie collaborative est en plein développement dans nos régions, nos villes, nos quartiers, voire nos résidences. Elle fonctionne en boucle, c’est une économie circulaire où la notion de déchet disparaît au profit de la notion de ressources.

« En lien étroit avec les collectivités territoriales, les pouvoirs publics pourraient soutenir, dans le cadre d’appels à projets, des expérimentations innovantes d’économie collaborative sur les territoires. »

Pascal Terrasse, député de l’Ardèche

 

Replacer l’énergie du citoyen et l’innovation au cœur de la vie publique locale, dans une région en transition économique (fin des industries précédentes à la recherche de nouvelles industries) avec un fort taux de chômage, est certainement une idée forte et mobilisatrice.

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Propulser l’innovation territoriale au niveau national et international, c’est le pari que s’est lancé InnovationWeek. Rendez-vous du 1er au 16 octobre 2016 pour la semaine de l’innovation digitale en France !

Source : ZDNet.fr